mercredi 7 octobre 2015

Ascension du Kilimandjaro - Jour 4





 Ascension du Baranco Wall

Je me sens beaucoup mieux qu’hier.

Je n'ai souffert d'aucun désagrément et malgré mes craintes, l'ascension s'est très bien passée. La première était celle du mur de Baranco, 400 mètres presque en droite ligne.

Rien qu’à de regarder les gens qui l'entamaient j’avais la frousse, mais nous avons gravis le mur sans embuche.

Je me suis collé derrière Richard notre guide de la journée et je le suivais pas à pas. Ce fût une bonne idée car nous avons franchis des passages difficiles, et il me donnait de bons conseils. Parfois il nous fallait tourner le dos au vide, en entourant la paroi rocheuse de nos bras. Nos guides appellent ça le « kissing rock » :)

 Richard notre guide de la journée

Une fois au sommet nous avons fait plusieurs photos de chacun de nous certains en profitant pour faire le fameux jump (on saute au moment où le photographe prend la photo).

Une fois monté, il faut redescendre et j'appréhendais encore une fois cette partie de la route,  car Richard m'avait bien conseillé de prendre mes bâtons. Mais c’était sans doute une mesure de précaution car tout s’est bien déroulé.

 Sommet du Baranco Wall

Plusieurs montées et descentes ont ponctuées cette partie de la route. Après plusieurs heures de marche nous avons finalement traversés une dernière vallée avant une montée abrupte vers le campement dont je me serais bien passé. Richard nous a fait remarquer que nous franchissions le dernier ruisseau avant les deux dernières étapes, et qu’à partir de maintenant nos porteurs n'avaient d'autre choix que de redescendre chercher l'eau pour le reste du voyage.

On apprend beaucoup sur les gens, sur les porteurs entre autre. Ils doivent porter un maximum de 20 kg ce qui est énorme sur ces distances, et alors que nous on fait « polé polé » eux ils courent pratiquement en montant.

Le gouvernement a mis des règlements en place pour contrôler l'accès et les abus, il faut avoir 18 ans maintenant pour devenir porteur et ils reçoivent tous une formation. Même une session au gym en préparation n'est pas rare et la course à pied est l'outil favori.

Emmanuel notre chef-guide nous parle de sa vie. Il n’a que 27 ans, il est marié et a rencontré Evelyne sa femme il y a deux ans. Ensembles, ils attendent un enfant. Emmanuel soutien le People Power (je n’ai trouvé aucune trace du parti sur Internet, j’ai l’impression qu’il s’agit plus d’un slogan et qu’en fait le parti qu’ils appuient c’est le Chama Cha Mapinduzi - CCM), un parti populiste qui promet de mettre fin à 40 ans du même régime et a la corruption qui s'en suit. Beaucoup de porteurs sont en faveur de ce parti.

Emmanuel nous explique son parcours, il a suivi une formation de porteur et il a commencé il y a 4 ans de cela. Dès son début son ami lui a conseillé de suivre la formation de guide car son anglais est très bon.

Côté compagnons de voyage, disons qu’il y a des hauts et des bas, aujourd’hui j'ai un peu marre des Américains, je crois que mes amis Canadiens pensent la même chose. Ils sont généralement étroits d'esprit et ne font pas preuve de retenue, ce qui finit par tomber sur  les nerfs.

On a eu une discussion sur les bienfaits et les méfaits reliés à la margarine. Un de mes compagnons Canadien en mange tout le temps, moi aussi car ma diététicienne me l’a conseillé il y a près de 10 ans. Les compagnons des U.S.A. trouvent que c’est mauvais et croient que peu importe ce que santé Canada peut en dire, c’est eux qui ont raison…

Bref, j'apprécie les moments de solitude dans ma tente, mais ce que j'ai vraiment envie c'est une douche!

jeudi 1 octobre 2015

Ascension du Kilimandjaro – Jour 3





On s'est levé dès six heures ce matin. Il y avait une petite fête car c'est l'anniversaire d’une de mes compagnes de voyage, elle célèbre ses 30 ans aujourd'hui.

On prend un peu de retard à cause de tout ce brouhaha autour de la petite fête improvisée, mais ici on s'en fout un peu tant qu'on arrive avant la nuit.

Aujourd'hui le trajet contient trois sections: la première est d’environ 300 mètres plus élevée, la deuxième elle, nous amènera jusqu'à 4 500 mètres et finalement on redescendra à 3 600 mètres pour le camp de nuit.

Je n’arrive pas à déjeuner comme il faut ce matin, je souffre d’un début de nausée. C'est un des signes du mal des hauteurs.

Dès les premiers pas, je me sens essoufflé. Ça promet!

La sortie est difficile et le doute s’installe dans ma tête. Je m'interroge carrément sur ma capacité de terminer la route d’aujourd’hui et par le fait même, l'ascension.


On va comme ça pendant plusieurs heures et je me sens découragé car j'ai l'impression que je n’y arriverai pas. Finalement notre guide nous annonce que nous sommes à une heure de la deuxième étape. On dirait bien que j'ai manqué quelque chose car je n'ai jamais eu connaissance qu'on avait franchi la première section et donc nous sommes maintenant techniquement déjà au-dessus de
4 000 mètres, une marque importante pour l’acclimatation et pour ne pas souffrir du mal des hauteurs.

Je suis revigoré par l'annonce et on arrive sans encombre à la Lava Tower. Par contre pour le lunch je ne suis pas capable de manger ou presque...

Au sommet de Lava Tower
 
Une pause d’à peine 30 minutes et c’est reparti pour la descente. Çà devrait être plus facile mais ça ne l'est pas tout le temps. Je dérape et tombe par terre un de mes jeunes compagnons m’aide à reprendre pied. Petit incident sans conséquence, rien de grave pas une égratignure, du Alain à son meilleur J

Deux heures s’écoulent et on arrive au nouveau campement. Mon porteur, M. Martini, m'attends pour me rappeler que c'est lui transporte mon bagage. Ici les porteurs travaillent dure, vingt kilos sur la tête et ils en profitent pour nous dépasser durant l’ascension. Pour M. Martini, le pourboire est comme pour les autres, tout à fait mérité.


Je suis très fatigué, je veux m'étendre mais à peine ais-je la tête sur mon matelas de campign que quelqu'un vient me sortir d'un demi-sommeil: diner!

En fait on découvre ensemble que c'est plutôt une collation. On reste là un bon moment puis je me lasse et je reviens à ma tente mais encore une fois, peu de temps après un de mes compagnons vient me chercher pour le vrai souper.

On jase je mange enfin pour de vrai, on rigole on fait de charades.

Bon. Soirée terminée! Je suis dans ma tente, demain ce ne sera pas plus facile, alors ça m'énerve un peu. On verra bien. Lights out!